29.09.2009

Et c'est quoi votre métier?

C'est fait, le livre est disponible.

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Vraiment pas cher!

28.09.2009

Et c'est quoi votre métier?

Information aux lecteurs de ce blog: Mes histoires vont paraître prochainement en édition papier sur le net.

Dès que c'est fait, toutes coordonnées de l'éditeur seront fournies sur ce blog.

Merci d'avance.

27.09.2009

Et c'est quoi votre métier? 72

EPILOGUE (suite et fin 72)

FORMULE 1

Un soir, à Rio de Janeiro, le Commandant et moi devons dîner avec notre agent qui nous invite dans un restaurant sur la plage d'Ipanema. Seulement, nous prenons un peu de retard, des visites de dernière minute.

Nous sortons du port vite vite, et hélons un taxi. A cette époque, les taxis étaient tous soit des Coccinelles, soit des Auto-Union, dans lesquelles le siège avant passager avait été retiré. Pour mieux voir la route? Pour mieux allonger les jambes? Les deux .

Je dis au chauffeur: le plus vite possible à Ipanema, au restaurant X. Là, un grand sourire éclaire soudain le visage du chauffeur . Rarement vu un gars aussi heureux. Surprenant. Mais, je comprends vite pourquoi: Il démarre en cirant les pneus, et nous pilote comme dans un grand prix de Formule 1 en ville. Full speed en avant toute les amis! Feux rouges? Pas vus! Policiers aux carrefours? Pas vus! Circulation? Que des chicanes posées là pour ralentir dans les lignes droites! Virages à angle droit? Dérapages contrôlés dans des hurlements de pneus! Freinages? C'est quoi çà?

En une poignée de minutes, nous stoppons net devant le restaurant dans un dérapage sablonneux. Nous ? Verts ! Tétanisés de s'être aggripés au poignées, en attendant le choc inévitable. Le chauffeur? Encore plus heureux qu'au départ! On le paye avec un pourboire quand même. Muyto muyto obrigado senhores.

Autant vous dire qu'il nous a fallu au moins trois caïperinhas pour nous remettre. On raconte notre course à l'agent: malheureux! ne jamais dire " vite" à un taxi. Ils n'attendent que çà pour faire du Fangio! Et çà cartonne souvent, avec des morts. Un miracle ce soir là, nous en sommes sortis vivants.

Autre particularité de Rio: la grande avenue qui entre en ville, l'Avenida Rio Branco, comporte neuf voies de circulation. Toutes ouvertes vers la ville le matin, et toutes pour en sortir le soir. Et moitié moitié le reste du temps. Astucieux. Une voie centrale dédiée au stationnement. Mais, faut voir, le soir surtout, neuf bus de front alignés au feu rouge, moteur rugissant, qui démarrent comme dans un grand prix pour gagner la course jusqu'au prochain feu, et tous les passagers, debout derrière le chauffeur, qui hurlent: Vas y ! Plus vite ! Allez! Allez! Dans des grands rires et des bras d'honneur aux autres bus qui arrivent derrière eux! Quelle tranche de rires on s'est prise dans le bus! Ah, le Brésil, quelle joie de vivre!

Jamais je n'aurais pu connaître de tels moments sans avoir navigué. Merci la marine. Quel métier quand même!

25.09.2009

Et c'est quoi votre métier? 71

CHAPITRE XXXVIII (suite 71)

JE M'EN VAIS

En juin 1974, je lis une petite annonce dans Le Marin: La Mobil Oil recherche un Capitaine au Long Cours ou un Chef Mécanicien. Moi, je pensais depuis quelque temps trouver un job à terre, être en famille vraiment, voir ma fille grandir.

Je réponds à l'annonce, et je suis convoqué pour un entretien. C'est à Frontignan, pour la mise en route d'un nouveau terminal pétrolier en mer. Je les mets tout de suite à l'aise: En mer, je pense connaître mon métier, mais à terre, je ne sais rien faire! Ok qu'ils me disent, c'est exactement çà qu'on cherche. On reprend tout à zéro. Et il faudra reprendre toute la conception des équipements. Donc vous faites l'affaire.

Et voilà. J'ai donné ma démission à la Compagnie, et j'ai entamé ma deuxième carrière, dans le pétrole, dès le 1er Août. Je suis toujours dedans à ce jour. Mais, et la retraite? Non, pas pour moi, j'adore mon métier, je crèverai dedans.

Mais je garde un souvenir de ma navigation formidable, dans une compagnie pas comme les autres, sur une ligne d'Amérique du Sud fantastique. J'y ai vécu des joies, des drames, mais par dessus tout, ce que j'ai appécié, ce sont les hommes que j'ai croisés, à bord et à terre.

La leçon aussi de la mer: rester humble, elle gagne toujours. Cà m'a servi après, dans le pétrole, vous pouvez pas savoir combien.

J'espère que ces histoires, mes histoires, vous ont aidé à comprendre un peu ce que c'est, ce métier de marin. Bon vent à tous.

Et c'est quoi votre métier? 70

CHAPITRE XXXVII  (suite 70)

DOUX AGNEAUX

Je vous ai déjà parlé de notre navire frigorifique, celui que nous avions acheté aux Allemands. Quand il était plein de viande et de poisson, les machines frigo avaient un mal fou à tenir la température dans les cales supérieures, les entreponts, surtout quand nous chargions en pays chaud, des lots pas tout à fait surgelés comme il fallait. Mais il fallait bien prendre ce qui se présentait, avec les réserves d'usage bien sûr.

C'était le cas sur ce voyage. Un lot d'agneaux plein la cale 2. Pour Gênes, destiné à l'armée italienne. De tout petits agneaux chargé à Rio Grande do Sul, le port le plus sud du Brésil. En plein été. Et avec des camions à plateau !

Arrivés à Gênes, en plein hiver heureusement, il neigeotte. L'inspecteur général de santé des armées italien va faire un tour dans la cale, vérifie le cahier de contrôle des températures, tique un peu car ce relevé mentionnait plus de moins 8° que de moins 18 °. Mais bon, tant que c'était resté négatif, il était content. Notre agent le soignait bien, faut dire: Hotel luxe, bons restos.

Quand on commence à décharger ce lot, grosse tempête de neige. Pas le temps de fermer la cale avec les panneaux, on met une grosse toile prévue pour ces cas là. Et la neige dure toute la matinée. Soleil. On ouvre. Et le déchargement reprend. Bien entendu, les petits agneaux se décongèlent très vite sous le soleil. Et notre inspecteur Général qui avait déjeuné à bord, voit, depuis la salle à manger, que les dockers peuvent presque faire des noeuds avec les agneaux! Je fais venir l'agent pour qu'il emmène l'inspecteur voir autre chose en ville ! Pas question qu'il continue à voir le désastre. L'agent comprend vite la situation et fait ce qu'il faut.

A la fin du déchargement du lot, (çà allait bien mieux une fois déchargée la couche supérieure d'agneaux, le reste était bien congelé) le lendemain midi, l'agent revient avec l'inspecteur. Oh, il a une sale mine le Général! On lui présente le certificat de conformité à signer. OK, il signe tout, sans aucune réserve ni commentaire sur la température, il ne souvient même plus de ce qu'il a vu la veille, et il part vite dans son auto militaire. On regarde alors l'agent, d'un oeil inquisiteur. Vous lui avez fait quoi au Général? Oh rien que de très banal, on l'a trimballé toute la nuit dans les bordels les plus chics de la ville, et on l'a régalé avec tout ce qu'il voulait! Jusqu'à midi? Oui! Et ? Ben il est très content le Général.

La note de frais d'escale de l'agent a été un peu plus élevée ce coup ci. Mais pour une fois que les grues du port n'étaient pas en grève....faut dire que ces grues là, elles étaient très rarement en grève !

Et c'est quoi votre métier? 69

CHAPITRE XXXVI (suite 69)

GROS TEMPS

Nous déchargeons à Barcelone. Sur le Luchon. Dans la cale 2, nous avons une montagne de blocs de granite, bien ceinturée par des câbles d'acier énormes, entourée de balles de sisal, pour bien bloquer la montagne, au cas où çà bouge en mer. Tout çà est destiné à Gênes, notre prochaine escale.

Télégramme des affrèteurs: le sisal doit débarquer à Barcelone. Allons bon, et la sécurité du navire? Vous avez un lot quelconque à charger pour remplacer le sisal? Non, faites au mieux. Et comme souvent, vous vous rappelez l'histoire des vitres pour Buenos Aires?, à nous de trouver la solution. On fait renforcer l'arrimage de la montagne de granite par des gros madriers bloquant le tout, plus des raidisseurs supplémentaires en acier. Et nous dégageons vers Gênes.

Dans le golfe du Lion, voilà une tempête qui nous tombe sur le rable, une vraie de sud est, en plein par le travers. Le golfe du Lion est un endroit dangereux pour ses tempêtes. Le Luchon roule bord sur bord, vite car les lames sont courtes. Vers 9 heures du soir, le bosco de retour de sa ronde de sécurité me dit: Capitaine, çà craque dans la cale 2.Je fais venir le Commandant à la passerelle, me remplacer à mon quart. Et le bosco et moi allons voir dans la cale 2.

Oui, çà craque, c'est sinistre, dans le noir, dans la tempête. Nos lampes torche nous montrent que la montagne de granite s'est mise à bouger! Et rien entre les blocs et la coque. Non de dié! si un bloc se détache, c'est le trou assuré, et nous au fond! Tout ce qui a été mis en place est finalement insuffisant.

Alors, je file à la passerelle, et demande au Commandant de prendre une route de cape, pour supprimer le roulis. OK. Route trois quart face à la mer. Et çà marche. Nous tanguons légèrement. Mais plus de roulis. Une nouvelle inspection: la montagne ne bouge plus. Nous restons comme çà deux jours, jusqu'à l'accalmie. Evidement, à Gênes, ils nous attendaient plus tôt. Mais ils comprennent vite à notre arrivée le pourquoi en ouvrant la cale.

Naviguer, c'est aussi avoir peur, quelques fois...

 

24.09.2009

Et c'est quoi votre métier? 68

CHAPITRE XXXV (suite 68)

LE GRANITE

A Buenos Aires. Nous chargeons des blocs de garnite dont le poids varie de 3 à 20 tonnes. Le fond de la cale 2 est vide. De gros madriers sont disposés sur le plancher, espacés de 50 centimètres environ, pour protéger le fond de cale, et pour permettre de retirer les grosses élingues d'acier une fois le bloc en place. Quelques dockers sont au fond, pour guider les blocs vers leur emplacement.

C'est un chargement délicat, qui se fait avec la bigue du bord, mais avec les élingues du chargeur. Un bloc de 5 tonnes est présenté, et descend doucement vers le fond de cale. A trois mètres du fond, CRRRAC! Une élingue a pété. Le bloc légèrement dévié s'écrase au fond. Sur un docker.

Affolement en fond de cale. Le bloc repose à moitié sur les madriers. Du sang coule déjà de dessous. Une élingue est repassée dessous, et le bloc est soulevé de biais. Pas beau ce qu'on trouve. Plusieurs dockers et le lieutenant vont vomir contre la coque. Ce n'est plus qu'un amas aplati de chair, d'os et de tissus.

Avec courage, ses collègues, des matelots et le lieutenant arrivent tant bien que mal à rassembler les pauvres restes dans une bâche. Evacuation vers le quai. Silence. Tritesse. Pleurs des collègues et amis. Travail stoppé pour la journée.

Oui, la marine n'est pas toujours drôle, il y aussi des accidents. Nous nous y forgeons nos âmes.

Et c'est quoi votre métier? 67

CHAPITRE XXXIV (suire 67)

AH CES GRECS !

Les marins grecs, des vrais pros. Avant l'arrivée des marins du sud est asiatique, c'étaient les maîtres de la mer, et ils savaient profiter de toutes les opportunités. Comme me l'a raconté un Second grec avec qui j'ai navigué: on navigue pour construire la maison au pays. La paye, c'est notre argent de poche. La maison, on se la paye avec notre commerce personnel. Et c'était facile pour eux tant la diaspora grecque était importante et présente partout dans le monde, dans tous les ports.

Un de nos bateaux est vendu à un armateur grec. Je suis à bord, à Marseille, pour le transfert à l'équipage grec. La particularité de la transaction tient au fait que le bateau continue son affrètement avec notre société commerciale, la SEAS, sur la même ligne. Celle de Manaus. Tout se passe bien, les grecs sont très contents de ce bateau. Une fois le nouveau pavillon hissé, je débarque et rentre à la maison pour congés.

Pendant nos voyages, la SEAS nous interrogeait régulièrement sur les volumes disponibles restant dans les cinq ou six cales du bateau afin de chercher les lots les plus rentables à charger dans les ports devant nous.

Pendant mes congés, je reçois un coup de fil de la SEAS: Excusez nous de vous déranger pendant vos congés, mais, il y a quelque chose de bizarre; vous nous signaliez toujours les volumes sur cinq cales sur le Salon, et le nouvel équipage grec ne nous parlent que de quatre cales. Ah bon? Et laquelle manque? La 5. Depuis le début? Oui, depuis Marseille. Et ils disent quoi? Rien. Aucune réponse là-dessus. Et bien ma brave dame, je n'en sais pas plus que vous, j'ai débarqué avant que le chargement ne commence. Bon, merci, je vous tiens au courant. Merci.

La réponse au problème, elle venue vite fait: le bateau venait d'être saisi à Santarem, sur l'Amazone. Motif? La cale 5 pleine à ras l'hiloire de caisses de whisky, non manifesté, donc appartenant à l'équipage! Grand seigneur, le Commandant a réglé l'amende, très lourde, pour libérer le bateau. Bien sûr, le whisky a été confisqué. Belle perte pour l'équipage, car cette contrebande se faisait à la part. Et les grecs ont terminé le voyage. Mais ils se sont renseignés sur ce qui marchait bien sur la ligne.

Le voyage suivant, ce même équipage a investi le montant perdu à Santarem, plus un montant égal au whisky perdu. Dans des produits cosmétiques féminins, qui prenaient très peu de place. Et tout a été vendu à Rio, aux compatriotes grecs du coin qui les avaient renseigné. Sans aucun problème. Un beau culot ces grecs quand même! Mais ils ont réussi. Ils avaient aussi appris à qui il fallait distribuer les bakchiches !

Entre temps, la SEAS était rassurée, les grecs parlaient à nouveau de cinq cales. Ouf! N'empêche, le Commandant, lui, s'est pris un sacré savon. Mais il n'a jamais dit ce qu'il allait faire le deuxième voyage.....

 

 

Et c'est quoi votre métier? 66

CHAPITRE XXXIII (suite 66)

LA BASSE COUR A LA MER!

Cet épisode, je ne l'ai pas vécu, mais quelques anciens me l'ont raconté si souvent....

Milieu des années 50. Le Fauzon, vieux barlu de la compagie d'avant guerre, sans frigo, radar HS. Il arrive sur rade de Rotterdam, dans une brume cotonnale d'un matin d'Août. Le plein de viande fraîche sur pied vient d'être fait à Dunkerque, et tout ce troupeau- volailles, cochons, agneaux pour l'essentiel- est tranquille sous le gaillard d'avant.

Donc, en approche, la rade est encombrée, on entend des cornes de brume et des cloches tout autour, et on cherche le pilote.

Tout à coup, gros choc, et fracas épouvantable de ferraille à l'avant. Le Second, le bosco et le charpentier foncent vers l'avant. C'est la collision ! Ils devinent à quelques mètres devant la silhouette d'un autre cargo, voient la brèche dans la coque, et constatent le nez aplati du Fauzon. Les bêtes hurlent encore de peur. Sondes prises: tout est sec, donc pas de voie d'eau.

Et là, la radio de l'autre bateau lance son appel pour s'identifier, et annonce qu'il a récupéré quelques uns de nos passagers! Comment çà des passagers? Oui oui, des poules! Gros rires sur l'autre bateau.

Gast! Des poules avaient sauté sur le bateau éperonné ! Quelques unes ont sûrement sauté à l'eau...

Evidement, une fois à quai, les constats faits, soulagés qu'il n'y ait que peu de dégâts finalement, çà s'est terminé par un apéro, et le Capitaine a pu récupérer ses poules...

23.09.2009

Et c'est quoi votre métier? 65

CHAPITRE XXXII (suite 65)

LE MARTEAU PIQUEUR

Je suis sur le Vaccares, l'ex-Tohoro, vous savez, ce bateau costaud mais tout à l'envers! Il a été vendu à la Fabre, et la compagnie m'a prêté pendant deux voyages sur la côte d'Afrique pour aider le nouvel équipage à comprendre tout ce qui marche à l'envers! Le deuxième voyage est assez dur pour l'équipage, car entre maladies et accidents, nous nous retrouvons avec seulement quatre matelots au lieu de neuf. Cette situation donne le droit au Commandant de recruter dans les ports que nous touchons.

Et justement, nous sommes à quai à Lagos-Apapa, au Nigeria. Après une escale à Port Harcourt. Ne pas oublier que nous sommes en 1966, un an avant la guerre du Biafra. Et c'était alors un pays relativement paisible, la fièvre de l'or noir ne faisait que commencer, tout doucement.

Un matin, un grand gaillard blond se présente à la coupée, une bonne bouille, taillé en V, avec un petit sac à dos. Comme je suis le seul à parler anglais à bord, le matelot de garde me l'envoie. Hi, my name is Harley Grant, and I am looking for a ship going to Europe. Ready to work to pay my ticket. Et il continue de m'expliquer qu'il est Néo Zélandais, et que son père, éleveur de moutons, l'a envoyé faire le tour du monde, en se débrouillant tout seul sauf urgence. Et ma foi, on sympathise tout de suite. On a le même âge. Je l'emmène voir le Commandant à qui j'explique le topo. Il accepte tout de suite, dame, pas tout les jours qu'on peut avoir un matelot de ce gabarit pour pas cher.  Trop heureux mon all black!.

On appareille le lendemain. Le bosco avait comme plan de travaux de piquer complètement le pont pour lui refaire une peinture neuve. Mais il était en retard, vu le manque de matelots. Alors, il donne le boulot à Harley. Tout seul. Que çà à faire avant Marseille. Banco. Et dans la demie heure, il récupère une masse de deux kilos, et il commence par l'avant. Tout le voyage de retour a été ponctué par les coups de masse sur le pont. Boum, boum, boum.  A part quelques stops pour boire de l'eau, le gars il tape sans arrêt. Matin et après midi. Une bête. Le bosco n'en revient pas! Ha! y'a bien quelques grincheux qui rouspètent, et la sieste alors? Mais le bosco est inflexible, c'est comme çà et pas autrement.

Si bien qu'arrivé à Marseille, le pont est tout neuf. Le Capitaine d'Armement est soufflé. On lui présente l'artiste. Félicitations, et une prime spéciale. Bien gagnée. Il a bien gagné aussi son surnom: le marteau piqueur.

Pendant le voyage,  Harley et moi sommes devenus des vrais potes. Aussi, comme je débarque, pour rentrer chez moi dans les Pyrénées, je lui propose de venir une ou deux semaines, histoire qu'il connaisse un peu la France. Il est tout content. C'est parti. Mes parents l'acceptent tout de suite. Il est tellement super. Et je présente à toutes mes copines, le soir quand on sort en boite. Elles en tombent toutes dingues. Il est beau, grand, fort, exotique, seulement quelques mots de français avec un accent épouvantable mais qui ajoute à son charme...Si bien que, quand il s'en va trois semaines plus tard, sur le quai de la gare, ce sont des embrassades fougueuses. Avec toutes. Car, pour continuer ce qu'il avait commencé sur le bateau, il a utilisé son marteau piqueur à lui, à tout va, presque tous les soirs ! Quel gaillard quand même! 

Lui, j'ai continué à avoir des nouvelles, de la fin de son tour du monde, puis depuis son île une fois rentré. Et, à chaque fois, il me reparlait avec des regrets de son séjour fabuleux chez moi. Les filles s'en souviennent encore. La banquette arrière de la voiture aussi! Sacré marteau piqueur....

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